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ETHIOPIE = TERROIR = NATURE + CULTURE

Pour y aller régulièrement, l’Ethiopie nous apprend l’humilité. D’une part, parce que ce pays nous impose son rythme, ses carences, son  Etat coercitif, son dénuement parfois et toujours sa beauté. Et d’autre part, par sa capacité à produire les plus beaux cafés du monde avec des moyens dérisoires si on les compare aux fermes capitalisées d’Amérique Centrale par exemple.

Bien sûr les conditions géographiques, climatiques et la richesse des sols d’altitudes en sont l’explication rationnelle. Mais ce qui frappe lorsque l’on observe les producteurs, c’est  la dimension culturelle de la notion de terroir et qui représente le patrimoine immatériel de celui ci. 

Un exemple, Guji. On y cultive le Cafe depuis à peine 20 ans et ce qui en ressort est déjà exceptionnel. Des cafés racés et explosifs, uniques. Un des facteurs de cette réussite réside dans le savoir faire transmis de génération en génération : culture en système agroforestier, bon taux de luminosité dans la plantation, bon choix des espèces d’arbres à conserver pour lutter contre les parasites et insectes sans entrer en compétition avec les racines des caféiers, bonne maitrise des fermentations et du séchage, parfaite traçabilité etc etc. Le tout sans machinerie a plusieurs centaines de milliers de dollars ni œnologues bordelais venus donner des cours de fermentation!!

Et que dire des cafés de Yrgacheffe, petite ville de la province de Sidama, où il n’existe quasiment pas de cafés de propriétaire mais où toute l’expérience et le talent d’ exportateurs comme Oromia Coffee Farmers ou Moplaco nous permettent de découvrir des merveilles de finesse et de fraîcheur notés + de 90. Sur une table de dégustation, ils n’ont vraiment rien à envier à leurs challengers colombiens ou panaméens, bien au contraire, si ce n’est le prix! Un Yrgacheffe de concours coûte 5 à 10 fois moins chère qu’un Geisha du Panama.
Viva Ethiopia!  

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