ETHIOPIA SO FAR SO GOOD

Dans l’excellent « The World Atlas of Coffee » de James Hoffmann, l’auteur fait la part belle à l’Ethiopie, en tant que Terre originelle de l’Arabica, et productrice de merveilleux cafés qui n’ont pas d’équivalent dans le monde.
Mais, et je dois l’admettre, non sans m’en réjouir, il ne mentionne pas le Wallaga comme région de production. James à encore des choses à découvrir en Ethiopie, comme c’est le cas pour nous tous. C’est là ou tout a commencé et c’est ici à mon sens que le café à son plus bel avenir.

Le Wallaga est une région forestière enclavée, à l’ouest de l’Ethiopie, non loin de la frontière soudanaise, culminant à plus de 2200 mètres. Pas de route, pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de pesticides et des forêts caféières partout, sauvage ou pas.

Ce sont les Anglais qui auraient apporté les premiers la culture de café à Waba il y a 150 ans dans cette région essentiellement tournée alors dans la production de miel de forêt. Ils lancèrent ainsi la culture des cafés de forêt et des cafés de jardin.

Pieds centenaires en jardin chez Dinsa Soreso
(Old Moka Yeti)

En réalité, le café est présent à l’état sauvage depuis bien plus longtemps au Wallaga.
Les anciens nous ont expliqué que leurs pères, grands pères…cueillaient le café au retour de la récolte de miel. Pour en savoir plus, nous nous sommes aventuré au coeur de la forêt sauvage et là, au bout de 8 heures de marche, épuisés et émerveillés, nous avons découvert en constellation des caféiers sauvages vieux de plus de 150 ans, d’autres plus jeunes mais haut de 6 mètres, certains en fleurs, d’autres avec des cerises que nous avons récupéré pour en faire des semences, les étudier et les comparer à celles utilisées en culture. Le sentiment est difficile à exprimer, comme une remontée dans le temps, aux origines de notre métier, et de se remémorer l’épopée désormais universelle de ce petit arbre, certainement là grâce à une déjection d’oiseau il y a plus de 150 ans.

Dans cette région, les fermiers cultivent le café comme il y a un siècle et jouissent d’un terroir exceptionnel, avec certainement des rendements parmi les plus faibles du monde, ce qui explique en partie la densité et la puissance de ces cafés. Nous les encourageons à continuer de travailler comme cela et nous engageons à acheter leurs cafés à prix fixe, sans négocier, récoltes après récoltes et nous fixant comme unique objectif l’amélioration, en collaboration,  des lots années après années. Avec notre ami sur place Jacques Chambrillon (Belco), le progrès réside dans l’amélioration des tris, la définition de nouveaux micros lots en fonction de critères géologique et climatiques, l’essai de nouvelles techniques de fermentation jusque là ignorées dans la région et même en Ethiopie, comme le Honey Process entre autre.

Dinsha Soreso et Christophe.

L’Ethiopie n’en est qu’au début de son histoire caféière, il suffit de sortir des sentiers (caféiers) battus.

PS : Les nouvelles récoltes arrivent fin juin, avec nos lots habituels et des surprises…


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